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De l’eau et des bas.

 

Recueil de textes de chansons, de nouvelles, de poèmes et de réflexions par Hippolyte.

 

Cet ouvrage a été tiré à 300 exemplaires à la fin de l’été 2013.

Illustrations : Benoist Guesdon.

Mise en page et graphisme : Geneviève Nadeau

Coordination : Elise Lagacé

Soutien indéfectible : Judith, Nadine et Yoak, Sylvain et Noé, Jean-Charles-Marcel et Cécile-Marie-Thérése-Bernadette, Elise et Geneviève.

Extrait 1

In vino veritas cette phrase est bêtasse,

Dans l’impasse je m’agace je voudrais l’appeler garce

Et je glace ma vivacité, je m’efface, jaunnasse en masse

Je trace, et ramasse mes grimaces. Mais la nuit c’est marée basse

tout ressort et j’angoisse mes pensées sont coriaces

ça me fout la chiasse c’est d’la mélasse, mais je passe, j’me tasse et ressasse dans ma calebasse que ma candace m’avait mis sur la paillasse.

 

Hé, Cupidon soit tu te retiens, soit ton arc tu le retends, parce que je trouve que ça craint un brin de jouer avec les sentiments.

Extrait 2

La cinquième

 

Putain de bordel de merde, j’ai oublié mon jerrican ! ! ! Oh le con !

Je suis sur la route numéro 1. Entre Broome et Kununara. Il fait chaud et humide. Un chauffeur vient de me déposer à cette intersection où personne ne passe. Autour de moi un bush aride.

De grosses mouches qui cherchent désespérément à rentrer dans ma bouche. Des termitières hautes de 90 pommes environ (j’ai compté).

Et un cadavre de kangourou qui s’est fait percuter par une voiture gît un peu plus loin.

Ça fait bientôt 4 heures que j’attends. J’ai soif, j’ai tellement soif. Je capote peut-être, mais il me semble que je sens mes lèvres gercer. Putain de jerrican ! ! ! J’ai oublié de m’acheter de la bouffe pour ce trajet. Tout ce qui me reste à manger c’est un sac de peanuts. Et les peanuts, ça donne soif. Les termitières sont trop loin de la route. Je ne peux pas utiliser leur ombre. Putain de jerrican ! ! ! Il n’y a que trois voitures qui sont passées. Mes tentatives de sympathie me font faux bond. Je danse, je jongle, je joue de la guitare, mais personne ne s’arrête ! Il est 16h. Voilà huit heures que j’attends. J’ai vraiment très soif. J’ai un flashback.

63Ma prof de biologie, madame Dumont qui nous explique que le corps humain pouvait rester 3 jours sans boire et une trentaine de jours sans manger... En fait je suis large. Ça me réconforte. Putain de jerrican ! ! ! Il fait 5 litres, je le transporte partout où je vais. Ici on ne rigole pas avec l’eau. Elle est rare. Putain de jerrican ! ! ! Il est vingt heures. Il faut que je boive, il faut que je mange ! Une idée me taraude l’esprit. Je regarde le marsupial au loin. Je me demande pourquoi je vais faire cela. Je fais un feu. Je sors mon couteau. Je lui coupe son petit bras droit. Je le fais cuire. J’attends. Je me demande pourquoi je vais faire cela. Je lui coupe la gorge, récupère son sang dans un réceptacle et en bois ! Ça goute un peu le Saint-Émilion. Mélangé avec de l’huile et du mazout. La viande est prête. Je la goûte. Je la crache. Une voiture s’arrête.

Extrait 3

Si en un coup de baguette magique on pouvait transformer un con en arbre

                                                                 Il n’y aurait plus de problème de déforestation ...

Extrait 4

Quand la séduction est aussi franche qu’une guillotine, on garde trop la tête sur les épaules et c’est dommage !

Extrait 5

 

 

Il s’est fait blanchir, l’autre a plaidé coupable.

Il s’est fait blanchir d’une tache que certains nomment « indélébile ». L’autre est son tatoueur, malheureusement habile.

Il s’est fait blanchir, triste destinée. Il s’est fait pâlir et polir, il ne reviendra jamais.

L’autre que la justice appelle, peintre sans visa de travail S’excuse si son pinceau était trop brutal

Le manque d’expérience peut-être...

Il s’est fait blanchir et blanchira ses sentiments

Il s’est fait saillir, grandir prendra du temps.